Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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EDITO :" Centre culturel du vin ", " grand stade "… ou : DES CERISES EN HIVER AUX CERISES SUR LE GATEAU...

Publié le 09/12/2009

Depuis quelques mois, le maire de Bordeaux occupe les médias en annonçant des projets toujours plus somptueux...

Après l’épisode " Evento ", nous passons maintenant à la période " Centre culturel du vin " et " grand stade ".

Que des petites opérations !

Le centre du vin 55 M € et le grand stade 240 M d’€. Une paille…

Dans l’absolu, il n’est pas inconvenant de penser à de telles réalisations, si ce n’est qu’aujourd’hui les temps ont changé. A moins de vivre dans une bulle, on se rend bien compte de l’état des finances publiques et des difficultés des " ménages " comme les instituts de sondage aiment à qualifier les français.

Penser, qu’en période difficile, la relance passe par de grands travaux, relève d’une théorie qui fonctionnait pour résoudre, en partie, des crises conjoncturelles. Aujourd’hui, c’est bien une crise structurelle que nous vivons et qui touche de plein fouet tout un chacun en mettant à mal toutes les actions curatives inventées par les économistes.

Etre contre les projets d’Alain Juppé serait absurde. Mais y souscrire tête baissée relèverait d’une inconséquence doublée d’irresponsabilité.

L’actualité nous impose de porter nos positions sur le terrain politique.

Aujourd’hui, le quotidien des gens n’est-il pas rythmé par le chômage, par le manque de logements accessibles à tous, par un régime de santé de plus en plus menacé, par une éducation malmenée et déconsidérée, par une demande grandissante de formation professionnelle, par un besoin de transports en commun performants… ? Apparemment monsieur Juppé ne voit pas tout cela et continue, sans aucune pause, sa politique d’imperator.

Il veut donc forcer le partenariat des autres collectivités, en leur imposant la technique de la seringue ou de l’entonnoir. La méthode est simple : beaucoup de bruit, d’articles pour entretenir une image valorisante qui présente notre édile comme l’homme des projets providentiels, en oubliant bien sûr de dire que c’est avec, au moins, 80% de l’argent des autres.

Et si ces autres là, ont l’outrecuidance de ne pas marcher dans la combine, ils deviennent bien entendu ceux qui prônent l’immobilisme, la ringardise, ayant pour seul but d’entraver la providence.

Pour tous ses projets, le maire demande aux collectivités, et quasiment sans condition, de mettre sur la table des dizaines de millions d’euros.

Par exemple, pour le centre du vin, le maire incite les collectivités, à adhérer à un comité de pilotage du projet moyennant la somme de 132.000 €. Pendant ce temps, on apprend que la mairie a déjà lancé un appel d’offres pour le choix de la société qui va conduire le projet. Par ailleurs, la mairie a décidé seule du lieu d’implantation. C’est dire l’importance que porte le maire de Bordeaux à ce comité de pilotage " démocratique ", ce qui ne l’empêchera pas de demander à la Région les 6M d’€ de participation à la réalisation du musée.

Pour le grand stade, aucune réponse satisfaisante n’a été apportée à la demande du président Alain Rousset. A savoir : le devenir du stade Chaban Delmas et le rôle des collectivités sollicitées pour le financement dans le choix de l’ingénierie du projet.

Si Monsieur Juppé est pressé de boucler son tour de table, c’est qu’il doit y avoir des raisons. S’il ne peut attendre, qu’il paye ! Sinon, il devrait comprendre que les éventuels partenaires publics puissent regarder midi à leur porte et se centrer en priorité sur leurs missions obligatoires plus que sur les cerises du gâteau du maire de Bordeaux.

D’ailleurs, pour tout le monde, le gâteau s’amenuise. Il n’en restera bientôt plus que les cerises uniquement dévolues à la gloire d’Alain Juppé qui aimerait bien être ce qu’il aura du mal à devenir : un grand bâtisseur… N’est pas Kheops qui veut.

Philippe Dorthe



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