Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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BORDEAUX : CULTURE… Nul n’est Prophète en son pays.

Publié le 20/05/2010

Le 11 mai le journal Sud-Ouest annonçait que la ville de Bordeaux venait de choisir comme nouveau « Chef d’Orchestre » pour le futur EVENTO, l’italien Michelangelo Pistoletto.

Je n’ai rien contre ce formidable artiste, théoricien de l’art. Mais nous avons encore là, la démonstration qu’à Bordeaux il faut toujours chercher ailleurs les qualités que nous avons à nos portes.

 

Comme si notre ville ne pouvait exister culturellement que par le prisme d’une vision éloignée, aussi performante soit-elle. Hier Faustino aujourd’hui Pistoletto. 

 

Regardons-nous, écoutons-nous. Bordeaux ne cesse de parler de culture, mais dénie ce qui la fonde culturellement.

 

La devise selon laquelle « nul n’est prophète en son pays » se rapporte on ne peut mieux à Bordeaux.

Nombre d’écrivains, de plasticiens, d’artistes en tous genres, ont eu à pâtir du mépris petit-bourgeois et parisianiste des tenants de la culture à Bordeaux plus soucieux de leur image que des intérêts des créateurs et du public.

 

Certes, la culture est universelle, et je me range à l’avis de ce poète portugais « Miguel TORGA  » qui définit, dans l’un de ses aphorismes « l’universel c’est le local moins les murs ».Tout ceci pour dire à quel point on ne peut prétendre mener une politique culturelle sans puiser dans le lieu dont elle émane et d’où elle s’exprime.

 

EVENTO…Une fois de plus, comme pour le classement Unesco, on pratique la politique de l’image et de la communication.

 

Seul le Maire de Bordeaux et son aréopage courtisan sont persuadés de la qualité de l’événement. Il serait même plus juste de dire que c’est l’aréopage courtisan qui est arrivé à persuader le Maire.  

 

Peu importe de réfléchir à une vraie politique culturelle qui bénéficierait aux habitants en terme d’apport intellectuel et artistique permanent. Il ne s’agit jamais de nourrir le citoyen, surtout s’il est sans le sou, mais de dresser une vitrine éphémère  pour l’extérieur. En ce qui concerne EVENTO, l ‘éphémère coûte 4,2 millions d’Euros. Une telle somme ne serait-elle pas mieux employée pour nourrir l’expression culturelle bordelaise toute l’année ?

 

Commençons par nous regarder, par respecter ce que nous sommes et « l’ouverture » s’opérera d’elle-même si elle n’est pas un vain mot. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, essayons de sortir du syndrome poudre-aux-yeux, réfléchissons à partir d’une finalité et d’objectifs différents.

 

Comment définir la culture dans une ville et quelles devraient être les ambitions de ses magistrats ?

La gestion d’une ville, d’une certaine manière, n’a pas à se préoccuper de façon directive de la création ni à se mêler de critères esthétiques. Son premier souci est très prosaïque : comment permettre à chacun d’accéder à la culture, à toute la culture ? Pour le reste, la liberté doit primer, liberté des artistes, des événements, des organisateurs.

 

J’espère que cette réflexion donnera à notre « gouvernance » locale, la confiance en ses forces vives culturelles, qui n’attendent qu’à être entendues, pour devenir les acteurs culturels quotidiens d’une grande ville reconnue au niveau international, comme la ville à la culture assumée par elle-même.

Philippe Dorthe

20/05/2010

A suivre « Un grand projet culturel pour Bordeaux ».

Commentaires :

Baptiste Aubourg : Philippe, je te suis dans cette analyse, la DRAC, le CAPC... en sont des exemples.
Le TnBA, lui, parcontre, est à féliciter. Les 27 mai et 03 juin, les élèves de la première promotion de "l'Ecole Supérieure de Théatre de Bordeaux en Aquitaine" présenteront leur spectacle de sortie: Merlin de Tankred Dorst.
Lorsqu'il y a des hommes qui font des choses positives pour la ville de Bordeaux, il ne faut pas les oublier.
Merci, Monsieur Pitoiset.

Franck Ancel : Il ne saurait y avoir de changement de cap sans une orientation claire et limpide des objectifs culturels et il semblerait que dans cette ville depuis 1995 une seule voie:x ne donne que celle de son maître contrairement aux positionnements des uns et des autres acteurs... de façades si XVIII° à l'heure du troisième millénaire.

Frédéric Autechaud : Tout à fait d'accord avec ton propos. Si la vie culturelle se nourrit d'évènements, elle s'entretient avec des dispositifs vivants. Montréal, détestable à bien des points de vue, l'a compris qui reproduit des festivals ambitieux parfois rentables et des lieux ouverts comme son excellente "Société des Arts Technologiques" qui impulsent toute l'année une dynamique locale. Cet exemple n'est pas pris au hasard...

Pierre Bernardeau : Peut-être que nos chers responsables culturels pourraient aller faire un tour à Barbey par exemple plutôt que de passer leur temps par monts et par vaux... Heureusement que des bars associatifs (mais privés quand même) savent y puiser quelques talents de temps en temps...

Samuel Mares : oui avec EVENTO nous sommes la dans le domaine de l'évènementiel, comme la fête du vin ou du fleuve, immaginées d'ailleurs par la même agence bordelaise d'évenementiels. Il n'est en rien question de culture bordelaise, il s'agit de poudre aux yeux donnée aux gens pour croire d'un hypothétique rayonnement culturel de Bordeaux. Bien sûr la masse des bordelais ignore que des théâtre et des festivals existent et vivent tout au long de l'année. Le maire de Bordeaux a passé plus des 2/3 tiers de sa vie à Paris, a été parachuté en 1995 et quelle mesure phare a -t-il pris pour la culture bordelaise : supprimé le festival SIGMA qui était l'oeuvre d'un vrai Bordelais et Gascon , Monsieur Roger Lafosse. Fallait -il certainement le maintenir ce festival en essayant d'assainir ces finances, mais il était bien trop avant-gardiste et quelque part dérangeant.

Franck Ancel : Roger Lafosse a trouvé son inspiration dans les festivals de Jacques Polieri qui n'a pas eu la chance de trouver (ou refuser) un Jacques Chaban-Delmas comme Roger dont les archives ne sont toujours pas prises en comptes et pour cause car l'on oublie un peu vite que certains acteurs bordelais ont laissé faire la décapitation de SIGMA pensant pouvoir obtenir les grâces du Château du Pape autour du vide culturel et nettoyage urbain qui a in fine accouché de l'EVENT "0".

Pierre Bernardeau : Bien trouvé :) C'est à se demander si en fait notre cher maire n'a pas voulu revisiter le vieil adage et créer un événement durable car, selon lui peut-être, l'avenir appartient peut être aux gens qui se lEvent tOt... Mais je n'y crois guère...

Isabelle Kraizer : Alors attention aux financements des autres institutions pour le prochain Evento auquel la région et la cub avait participé en 2009 !!!! mettre des conditions svp.

Jean-François Ruiz-Cuevas : La culture à Bordeaux c'est comme le mirroir d'eau, on étale beaucoup mais c'est pas très profond..... (oui, je sais, je l'avais déjà sortie celle-là !)

 

Franck Ancel : Le tirant d'eau permettrait pourtant d'y naviguer sous voiles avec art à défaut d'une culture évaporée en fonction du souffle politique.



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