Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
» Agenda

Menu:

retour page précédente...

Les 3 clés des pouvoirs qui dirigent le monde. (chapitre II)

Publié le 03/03/2011

Chapitre II
Le "Droit d'Ingérence"...


LE DROIT D’INGÉRENCE

 

 

Dans mon avant-propos, j’ai signalé que cette idée était issue de la pensée de Bernard Kouchner et que je n’y voyais pas malice. Au fur et à mesure que je progresse dans la rédaction de cet article, j’ai l’impression que je me suis peut-être trop rapidement avancé. Notre French Doctor n’avait-il pas quelques arrière-pensées? Connaissant depuis longtemps le personnage et ses positions interventionnistes au moment de la guerre en Irak, je me sens un peu perplexe à son sujet.

 

Bref… forçons-nous à rester naïfs et supposons que cette formule soit réellement en faveur des plus vulnérables de la planète. Nous nous trouvons là devant « l’invention » la plus perverse et redoutable de notre triptyque.

 

En pratique, envoyer un contingent militaire de la force internationale (ONU) intervenir au cœur de pays meurtris par des dictatures sanglantes, affameuses voire génocidaires, est sans doute nécessaire ou en tout cas acceptable.

 

Mais là encore, la multitude de détournements de ce concept laisse pantois au vu des exemples descriptibles à l’infini.

 

Mon propos n’en retiendra qu’un seul, particulièrement caricatural, justement, l’affaire irakienne.

 

Il est d’abord important de rappeler que la dictature irakienne fut longtemps soutenue par les États-Unis et en matière d’armement particulièrement par la France et cela, sous de nombreuses présidences.

 

Si nous reprenons l’idée première du terme « Droit d’Ingérence », il nous faut alors revenir bien des années en arrière sur le génocide Kurde, peuple vivant en partie en Irak et amputé en 1988 de près de 100.000 femmes, enfants et hommes, par le gazage ordonné par Saddam Hussein et exécuté par son cousin Ali Hassan al-Majid, dit « Ali le chimiste ».

 

Nous avions, à cette époque, tous les paramètres pour mettre en application ce fameux « Droit d’Ingérence ».

Nous pouvions stopper ce régime dictatorial qui, dans cet acte ignoble, a fait d’une « pierre deux coups »: élimination d’un maximum de membres de cette ethnie pour les pousser à partir vers la Turquie ou le Kurdistan et expérimentation des quelques armes chimiques dont ce pays disposait à ce moment-là.

 

Les grands de ce monde ne se sont pas bousculés pour « s’ingérer » dans cette sale affaire et je n’ai pas souvenir que Bernard Kouchner se soit distingué à ce moment-là ou alors de manière très confidentielle.

 

Question: quand doit-on « s’ingérer » et pour qui?

 

 

Mise à mal de la systématique réplique des défenseurs du système: la sacro-sainte « théorie du complot ».

 

Bien plus tard, après les attentats du 11 septembre, nous avons, à l’ONU, assisté à de bien étranges choses.

 

Nous avons tout d’abord, comme pour le « Développement Durable », retrouvé nos bonnes recettes judéo-chrétiennes sur le bien et le mal, avec les multiples discours du Président des États-Unis Bush junior qui, comme un prêcheur, haranguait le monde pour […« Combattre l’axe du mal »…].

 

À cette époque, « le mal » était parfaitement identifié, puisque Oussama Ben Laden en personne avait revendiqué l’attentat perpétré par les commandos du réseau terroriste Al-Qaïda.

 

Ce réseau, particulièrement connu pour entraîner ses hommes en Afghanistan, se retrouve d’un seul coup transporté en Irak, pays certes dirigé par un dictateur mégalomaniaque et sanguinaire mais laïque et peu ou pas impliqué dans la logique extrémiste du « Djihad ».

 

À partir de là, le Monde, en direct, assiste à un processus de déclenchement de guerre totalement surréaliste.

 

La synarchie n’a même pas pu brandir la « théorie du complot » face aux détracteurs de ce montage d’amateur.

 

En effet, peu de temps après l’engagement des troupes en Irak, des experts, anciens membres ou jeunes retraités de la CIA, de la NSA, même de la DGSE, dénoncent et expliquent de manière fort claire les rouages de la manipulation.

 

Remémorons-nous les faits. À l’ONU, le Secrétaire d’État américain à la Défense, l’ancien général Colin Powell, en direct devant la planète entière, a été pris en flagrant délit de mensonge, en exposant des photos satellites de simples camions et en faisant croire à des bases mobiles de lancements de missiles chargés d’armes de destruction massive. Voyons-le encore exhiber une petite fiole, remplie d’un produit inconnu, qui serait une arme biologique redoutable et concentrée en énormes quantités sur le sol irakien.

 

Balivernes, mensonges et manipulations pour justifier au monde, non plus le « Droit d’Ingérence », mais mieux encore « le Devoir d’Ingérence », pour sauver l’occident de la destruction massive et libérer ces braves irakiens, dont les démocraties venaient tout d’un coup de prendre conscience de leur situation inacceptable.

 

Non… là, pas de « théorie du complot » mais « flagrant délit de complot ». Les faits ont démontré l’absence de toutes ces armes que l’on affirmait, preuves à l’appui, être dispersées sur tout le territoire irakien.

 

Alors à qui a profité ce « crime d’ingérence »?

 

Simple… utilisation d’une belle idée généreuse, orchestrée encore une fois par la branche synarchique de l’industrie pétrolière, dont le synarque le plus influent n’est autre que Georges Bush père, personnage central du cercle fermé des pétroliers.

 

En fait, derrière cette mascarade aux justificatifs humanitaires, se cachait simplement la main mise des sociétés pétrolières américaines sur les puits de pétrole irakiens, avec distribution de miettes et autres contrats industriels aux complices de la manipulation et particulièrement aux sociétés britanniques, dont le pays fut l’allié majeur des États-Unis.

 

Dans cette histoire, il est juste de remarquer que la France n’a pas mordu à l’hameçon.

Ce fut sans doute le seul grand acte de Chef d’État de Jacques Chirac et de son Ministre des Affaires Étrangères, Dominique de Villepin, prononçant à l’ONU un discours de paix qui restera dans l’Histoire comme une des positions d’honneur de la République Française.

 

Si, à cette époque, nous avions eu le Chef de l’État actuel, la France aurait à coup sûr suivi la position américaine dans cette aventure guerrière.

 

« Le Droit d’Ingérence » dans l’esprit de nos élites, n’est envisageable que pour les dictatures militairement faibles.

Personne n’a eu l’idée d’appliquer le « Droit d’Ingérence » en Chine, pour libérer le Tibet. Tout le monde sait que la très puissante armée chinoise renverrait en quelques jours dans ses foyers n’importe quelle force du monde y compris celle des États-Unis.

 

Nous avons dans ces faits la démonstration claire et parfaite de l’utilisation « inversement proportionnelle » à l’objet même d’une idée et de son but.

 

D’ailleurs, il semble difficile aujourd’hui de trouver un acte d’ingérence appliquant son concept originel de mettre fin par la force à l’oppression d’un peuple sans contrepartie économique.

 

Nous nous trouvons donc devant une formule qui, pour l’instant, reste une spéculation intellectuelle du domaine de l’utopie…

 

« Droit d’Ingérence », belle et très intelligente invention qui ouvre la porte à tous les abus au nom des peuples opprimés.

Philippe Dorthe
le 27 février 2011



retour page précédente...