Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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Pont Bacalan-Bastide : JUPPE C’EST KHEOPS…

Publié le 23/10/2011

« Juppé c’est Kheops », c’était le titre d’un article du journal Sud-Ouest, rédigé début 2007, par le journaliste Hervé Mathurin, qui relatait un de mes discours prononcé à l’occasion d’une réunion publique de début d’année.

« Juppé c’est Kheops », c’était le titre d’un article du journal Sud-Ouest, rédigé début 2007, par le journaliste Hervé Mathurin, qui relatait un de mes discours prononcé à l’occasion d’une réunion publique de début d’année.

Je parlais à cette époque du gigantisme du pont Bacalan-Bastide, nommé, aujourd’hui sur fond d’ironie le pont « BA-BA » (BAcalan-BAstide), en comparant Juppé au pharaon Kheops, inscrit dans la postérité avec l’érection de la grande pyramide qui porte son nom.

 

Sud-Ouest 2007   [… « Ce pont pharaonique que veut le maire de Bordeaux ne correspond pas à l’intérêt des gens. Juppé c’est Kheops qui veut sa pyramide »…].

 

La comparaison avait fait mouche… Deux articles coup sur coup, issus de la majorité municipale ont tenté de me déstabiliser, sans succès d’ailleurs. J’avais bien mis le doigt où ça faisait mal.

 

Comme pour beaucoup de sujet bordelais : Bateaux bus, pont du pertuis, aujourd’hui le pont BA-BA…l’actualité me donne encore raison.

En effet, deux récents articles du même journal apportent de l’eau à mon moulin. Jeudi 20 octobre 2011 «Bordeaux : Pont Bacalan-Bastide, les questions qui fâchent » (journaliste Denis Lherm) et vendredi 21 octobre 2011 « Petits accès pour un grand pont » (journaliste Denis Lherm).

 

Ces deux articles démontrent bien que le choix de l’ouvrage, mais surtout de sa dimension unique au monde, ont primé sur son utilisation et l’intérêt général, en laissant de côté le problème essentiel, le débouché rive droite et l’écoulement du flux très dense de la circulation généré par l’axe de la rue Lucien Faure, rive gauche.

Article du 20 octobre [... « Le projet est pour le moins biscornu : au lieu de créer une voie dans l'axe du pont, il est prévu une biscouette par le quai de Brazza, via un virage à angle droit vers le nord, puis une succession de rues (Charles-Chaigneau, Louis-Blanc, Édouard-Vaillant…) selon un plan un peu compliqué. Comme si l'on cherchait à faire perdre au majestueux pont son caractère d'axe pénétrant. Ne risque-t-il pas, dans ces conditions, connaître le sort du pont Saint-Jean ? Dépourvu de voie pénétrante vers l'intérieur de Bordeaux sur la rive gauche, Saint-Jean ne permet pas de délester son confrère du pont de pierre, saturé. Le long de ce cheminement indirect, le débouché du pont Bacalan-Bastide entraînera une modification des voies existantes. Elles devront être équipées de trottoirs, de deux couloirs de bus, de deux pistes cyclables (sauf s'il manque de la largeur) et d'une seule file par sens pour les voitures. D'où un risque de goulet d'étranglement au sortir du pont Bacalan-Bastide qui, lui, compte 2x2 voies pour les voitures… Mais l'hostilité manifestée par des associations de riverains, qui redoutent les nuisances routières de la future liaison, se traduit sans doute un peu dans ce schéma. C'est ce dont il sera question aujourd'hui à la CUB »…]

Dans l’article du 21 octobre nous pouvons lire : [… « Le futur pont Bacalan-Bastide, à moitié construit, est-il déjà une erreur du passé ? La question peut être posée après la réunion qui a eu lieu hier à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Consacrée aux accès au pont sur la rive droite, à La Bastide, elle a confirmé le caractère urbain de l'ouvrage. »…].

Plus loin : [… «En clair, les automobilistes venus de la rive gauche tomberont à la sortie du pont sur un rond-point à deux branches seulement, une à droite (vers l’amont), une à gauche (vers l’aval). »…]

Encore plus loin : [… « Pourquoi avoir construit un ouvrage si monumental, large comme le pont d'Aquitaine, si c'est pour qu'il débouche rive droite sur une voirie secondaire ? La réponse est toute simple : entre le début du projet, il y a plus de 10 ans, et sa réalisation, on a changé d'ère. Politiquement, la CUB estime qu'il n'est plus possible d'ouvrir un boulevard dans un quartier existant. « L'époque où on pouvait traverser des quartiers avec de grands axes est terminée. »…].

On croit rêver !!! Cela fait des années que nous sommes un certain nombre à le marteler à qui veut l’entendre…

Plus loin encore : [… « Ne pouvant revoir à la baisse la taille de l'ouvrage, la CUB a opté pour une réduction de sa fonction. Elle a conservé son projet de pont au gabarit autoroutier, mais il sera utilisé comme un pont de centre-ville, en restreignant les voies d'accès côté rive droite. »…] – [… «Le rôle de ce pont a changé en cours de route. On aura un ouvrage incontestablement surdimensionné. Avec des voies d'accès qui ne correspondent pas à son gabarit. De toute façon, dans les villes, le trafic des voitures est destiné à baisser. »…].

Là aussi on veut nous faire croire au Père Noël… en tout cas ce n’est pas en faisant de tels axes routiers dans les villes que le nombre de voitures va diminuer.

Après cette délectable lecture, j’en reviens à ce que je disais il y a cinq ans, en dédouanant totalement Alain Rousset et Vincent Feltesse, tous les deux victimes d’un système communautaire qui impose un accord de gestion. C’est là que les gens se font manipuler. Dans les communautés de communes ou urbaines, les maires gardent un pouvoir prépondérant dans leur commune. Ils savent d’ailleurs bien s’en servir, quand le projet marche bien c’est grâce au maire, si le même projet a des difficultés c’est à cause du président de la CUB… bien sûr.

Si à Bordeaux Alain Juppé avait souhaité un tunnel nous aurions un tunnel, s’il avait souhaité un pont levant raisonnable à 2x1voie, nous aurions un pont raisonnable. Mais Alain Juppé a voulu sa pyramide… il l’a !!!

Comme je l’écrivais également dans un édito, le 22 septembre 2007 « les nouveaux pharaons », la mégalomanie, le goût de la postérité, les tendances égotiques l’ont emporté sur le développement durable, rabâché par ceux-là mêmes qui sur le terrain font le contraire. De plus en faisant fi des finances publiques, car ce pont va coûter cher… très cher pour les contribuables que nous sommes.

Philippe Dorthe. Le 23 octobre 2011

Site Web : www.sudouest.fr/2011/10/21/petits-acces-pour-un-grand-pont-532329-729.php#xtor=EPR-260-[Newsletter]-20111021-[zone_info]



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