Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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133 ans après Auguste BLANQUI : Sandrine DOUCET (PS) est élue députée...

Publié le 17/06/2012

La victoire de Sandrine DOUCET sur la 1ère circonscription de la Gironde n’est certainement pas un hasard.

Cette circonscription réservée depuis 20 ans par la fédération du Parti Socialiste à une candidature féminine a amené la section socialiste de Bordeaux -Nord, la plus importante de la circonscription, à préparer une stratégie de longue haleine.

Proche de Philippe DORTHE, le conseiller général et régional du Nord de l’agglomération, Sandrine DOUCET s’est progressivement préparée à une candidature possible à la députation.

Elle s’est vue confier la direction de la section PS, puis a fait ses premières armes politiques de terrain, comme candidate suppléante de Philippe Dorthe aux cantonales de 2008.

En 2011, la fédération de la Gironde réserve pour la quatrième fois à une candidate la première circonscription. La section socialiste de Bordeaux-Nord décide de présenter devant le congrès de circonscription, Sandrine DOUCET. Cette candidature, soutenue par une section solide, n’a pas suscité de contre proposition.

Forte de son expérience et d’une formation tactique propre à cette section de terrain, Sandrine DOUCET a appliqué des méthodes bien rodées, comme un porte à porte rationnel, renforcées par la mobilisation des réseaux associatifs. La section de Caudéran, jusque-là « fer de lance » des trois dernières législatives à mis toutes ses forces sur un territoire difficile. La section du Bouscat, dirigée par le candidat suppléant Pierre CATARD, a mené un travail de fond qui a contenu la notoriété du Maire de la ville. A Bruges, la dynamique des municipales menées par Brigitte TERRAZA a permis de conforter la gauche sur ce territoire.

Mais cela n’explique pas tout !

Au-delà des méthodes opérationnelles de campagne, de la présence d’une candidate formée, courageuse, méthodique, le score de 51,48 % doit être analysé finement.

L’élection de François HOLLANDE et la dynamique qui en découle a pesé dans ce score, mais certainement pas suffisamment pour mener à la victoire. Les vagues roses successives de 1981, 1988 et 1997 n’ont jamais amené le PS à un tel score au premier tour, pour positionner la gauche vers une victoire assurée comme nous venons de le vivre.

En fait, nous sommes en train de d’assister au début de l’effondrement d’un système consanguin, mis en œuvre par Jacques CHABAN-DELMAS, il y a 65 ans, et perpétué par Alain JUPPE.

Ce phénomène a commencé par l’implosion de la droite Brugeaise et a continué par le séisme bordelais des présidentielles, qui a fortement fissuré le fief d’Alain JUPPE avec des scores historiques pour la gauche, comme 57% sur la totalité de la ville centre, 59% sur la circonscription de Michèle DELAUNAY, 67% sur le Premier canton de Bordeaux et 51,5% sur la première circonscription.

On note également l’affaiblissement du Maire du Bouscat qui contient à peine la poussée socialiste et le renforcement de la gauche à Bruges.

Nous assistons là à une sorte de problème de  « génétique politique » où cette consanguinité, ce monolithisme, sont arrivés au bout de ce qu’ils peuvent produire.

Il faut rajouter à cela, l’effet du  choix politique de la droite en matière d’habitat, qui, en privilégiant la défiscalisation, a rempli des multitudes d’appartements de locataires ou de primo accédants issus des classes moyennes, dont tous les annalistes savent que cette catégorie sociale est un fort réservoir de voix pour la gauche.

Dans une moindre mesure, la députée de droite Chantal BOURRAGUÉ, n’a pas su quitter un positionnement, presque caricatural, de la vieille droite, type RPR.

Aujourd’hui, la droite vit des moments difficiles : le canton de Bruges – Le Bouscat est bousculé, la ville du Bouscat qui n’a pas bénéficié de l’effet BOBET laisse penser que la gauche, dans les années futures, peut créer de grosses surprises dans ces secteurs.

Mais le plus significatif, c’est que l’élection de Sandrine DOUCET prive la droite bordelaise de son dernier bastion. La gauche est maintenant titulaire des trois circonscriptions bordelaises et de 5 cantons sur 8.

Demain, s’il y a une volonté fédérale du Parti Socialiste d’organiser une véritable stratégie de victoire à Bordeaux, en 2014, la ville, capitale de l’Aquitaine, peut basculer à gauche et mettre fin, pour reprendre un mot cher à Alain JUPPE, à 65 ans d’hégémonie de droite. 

Philippe Dorthe

Le 17 juin 2012

  



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