Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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La véritable histoire de la passerelle St-Jean qui n’a jamais été conçue par G. Eiffel.

Publié le 20/07/2012

ou « Comment d’une réalité tronquée on construit un légende » PASSERELLE FERROVIAIRE DE BORDEAUX Les débuts de l’homme de fer HISTORIQUE SUCCINT (EXTRAITS CHOISIS PAR Ph. DORTHE) Francis DANIS Ancien inspecteur divisionnaire de la SNCF


La véritable histoire de la passerelle St-Jean qui n’a jamais été conçue par G. Eiffel.

ou

« Comment d’une réalité tronquée on construit un légende » 

PASSERELLE FERROVIAIRE DE BORDEAUX

Les débuts de l’homme de fer

HISTORIQUE SUCCINT (EXTRAITS CHOISIS PAR Ph. DORTHE)

Francis DANIS

Ancien inspecteur divisionnaire de la SNCF

 

[… En 1855 les trains de Paris arrivent sur la rive droite et les trains qui partent vers le sud rive gauche. Les voyageurs transitent donc par le pont de pierre et un service d’omnibus est établi par les compagnies du PO (Paris – Orléans) et du Midi entre les deux gares.

Mais il y avait un péage sur le pont de pierre et ce péage était relativement élevé.

La nécessité d’un pont ferroviaire, déjà envisagé dès 1842, se fit plus pressante. Par décret du 1/08/1857, le raccordement des deux réseaux (PO/Midi) fut concédé par parties égales aux deux compagnies. Mais pour avoir un accord il faut un projet : Or, c’est la compagnie du Midi qui a élaboré ce projet. Les bureaux d’études du Midi sont dirigés par Paul REGNAULD et se sont déjà employés à faire les études qui furent finalisées quatre mois avant le décret le 25/4/1857.

Ce projet, comme c’était l’obligation à l’époque, va transiter par la division Etudes et Travaux de chemin de fer du Ministère des travaux publics. Dans un premier temps, par l’arrondissement pour vérification, puis, dans un deuxième temps par le Ministère lui-même pour approbation et décrets.

Les décrets étant pris le 29/04/1858, les travaux sont confiés à M. NEPVEU, ingénieur de la Compagnie Générale du Matériel de Chemin de Fer, pour le compte de la compagnie ferroviaire du Midi.

Les travaux commencent le 15/09/1858 sous la direction de Charles NEPVEU (fils du précédent) représentant l’entreprise à Bordeaux avec le titre de directeur.

Il est secondé dans son entreprise par M. Gustave EIFFEL, frais émoulu de l’école Centrale avec le titre de Chef de service du pont et par M. HAUSSEN, Chef des travaux.

Gustave EIFFEL est né en 1832. Ingénieur centralien il est donc employé à la construction de la passerelle. Il a 26 ans. L’étude ayant était finalisée en 1857, donc débutée bien plus tôt, vers 1855, Gustave EIFFEL n’est pour rien dans cette étude.

Si Gustave EIFFEL a bien participé à la construction de la passerelle en tant qu’employé de la Compagnie Générale du Matériel de Chemin  de Fer de M. NEPVEU avec le grade de Chef de service du pont, il est inexact de lui attribuer la paternité de l’ouvrage, les plan étant signés Paul REGNAULD.

Cependant il est vrai que Gustave EIFFEL, durant sa mission, aurait mis en œuvre un procédé innovant pour la construction des piles de la passerelle.

Comme toujours, la légende bâtie sur des faits plus ou moins entiers, vient jeter le trouble…]

Sachant que l’on ne peut revendiquer la paternité d’un ouvrage que lorsque l’on est le signataire des plans de conception, Cqfd : cette passerelle aurait du s’appeler REGNAULD.

Francis DANIS.

Sources :

-          Archives du Chemin de fer du Midi.

-          Mémoire de Maîtrise de Martine COURBIN (Bordeaux III – UER d’Histoire 1986

-          La gare de Bordeaux St-Jean. François Xavier POINT. Editions SO A998.

-          Bordeaux secret et insolite. Philippe PREVOT pages 34/135. Editions « Les beaux jours » 2005

-          Sources diverses.



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