Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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Paupérisation des retraités propriétaires... Lettre à Madame la Ministre M. Delaunay.

Publié le 06/12/2012

Retraités : On ne peut continuer à opposer ceux qui n’ont rien ou peu à ceux qui ont un peu.

Madame la Ministre,

  

Régulièrement et malheureusement de plus en plus, je reçois dans mes permanences des retraités propriétaires issus des petites classes moyennes qui ne peuvent assurer, malgré une retraite correcte, leurs charges fixes (impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d’habitation, mutuelle, fluides....).

 

Souvent lorsqu’un des conjoints doit intégrer une maison de retraite, l’effondrement financier du couple est constaté.

 

Bien sûr, au vu de sa retraite, le conjoint placé en EHPAD ne perçoit pas d’aide significative, ce qui grève le budget du couple de 75%. Le conjoint restant au domicile ne peut plus subvenir à ses besoins.

 

Les personnes âgées demandent alors aux services sociaux si ils peuvent bénéficier d’aides, et se voient répondre la phrase « fatidique » et intolérable « vous n’avez qu’à vendre votre maison ».

 

Il est invraisemblable de stigmatiser des personnes qui ont travaillées toute leur vie, qui ont fait l’effort de passer des concours ou examen qui leur ont permis d’accéder à des postes de cadres ou cadre moyens. L’achat de leur petite maison est le fruit du travail de toute une vie.

Ces gens ont payé leurs impôts toute leur carrière et ont ainsi largement contribué à l’effort national. Ces personnes âgées se sentent rejetées, mal aimées. La « société » arrive même à les faire culpabiliser d’avoirs quelques petits biens.

 

On ne peut continuer à opposer ceux qui n’ont rien ou peu à ceux qui ont un peu. Cette « manie » a pour effet d’aspirer vers le bas une grand partie de nos retraités. Notre pays a la richesse importante, mais déséquilibrée ne peut laisser cette paupérisation s’installer.

 

« Le siphonage » des revenus de ces retraités a également pour effet de les sortir d’un statut de consommateur qui pourtant est générateur d’emplois.

Dans notre pays ces centaines de milliers de personnes, recherchent plus des exonérations de charges (crédits d’impôts du type de ce qui est appliqué aux entreprises) que des aides financières directes. Si nous ne nous attaquons pas à cette réalité, ce glissement par le bas coûtera beaucoup plus à l’état, que les mesures d’exonérations de certaines charges.

 

Pour prendre un exemple concret, j’ai rencontré une dame de 87 ans, dont le mari ancien cadre à la poste touche une pension de 2 000 €. Elle, touche une pension de 1 200 €. Le monsieur âgé de 92 ans a été placé en maison de retraite. La totalité de sa retraite (2 000 €) passe dans le prix de l’EHPAD. La dame, alerte et en bonne santé est restée à la maison, mais toutes les charges (970 € par mois) sont assumées par sa retraite de 1 200 € . Il lui reste donc 230 € pour vivre. Encore une fois c’est une femme qui doit assumer seule cette injustice.

 

Le vieillissement de la population va démultiplier de façon exponentielle ce problème.

 

Je vous remercie de bien vouloir prendre en compte ce sujet important pour un grand nombre de nos anciens.

 

 Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de mes sentiments respectueux.

 

 

Philippe DORTHE

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