Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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TEXTE : Mon discours au 78 eme congrès de Parti Socialiste - Aubervilliers les 7 et 8 avril 2018

Publié le 07/04/2018

Car enfin, mes Camarades, l’ordre des choses a t-il vraiment changé ? Ceux qui nous vendent le monde nouveau, ceux qui nous vendent le 21ème siècle ne sont-ils pas en train de nous livrer le 19eme.

Chers amis, chers camarades,

Il y a une quinzaine de jours lors d’une réunion privée l’ambassadeur d’Allemagne s’est confié à un ancien 1er ministre de la France en lui donnant sa vision de la social-démocratie en affirmant que celle-ci avait tout donné au 20è siècle et n’avait plus rien n’a apporter au 21ème.

Il se fondait en fait sur l’accord gouvernemental de 108 pages signé entre le SPD et la CDU -accord très technique - qui effectivement a fait passer sous les fourches caudines les fondamentaux de nos amis sociaux-démocrates allemands.

Mais nous, socialistes, sociaux démocrates français, devons nous succomber à cette affirmation lapidaire qui laisse penser que le libéralisme est l’unique voie du 21ème siècle.

Pour notre part, je ne pense pas utile de tomber dans cette résignation qui ferait perdre tout sens à notre existence même.

Depuis Jaurès, comme vient de le rappeler Louis MEXANDEAU, c’est bien le centre de gravité du socialisme qui a porté les grandes réformes sociales de la France.

Le socialisme français est bien le centre de gravité du socialisme universel que nous devons remettre en adéquation avec la réalité d’aujourd’hui.

Car enfin, mes Camarades, l’ordre des choses a t-il vraiment changé ? Ceux qui nous vendent le monde nouveau, ceux qui nous vendent le 21ème siècle ne sont-ils pas en train de nous livrer le 19ème siècle.

Ce sont les curseurs sociétaux qui ont bougé, la technologie qui a changé, mais la souffrance, les inégalités, l’exploitation des travailleurs n’ont pas bougés. Et le ressenti de ceux qui en sont victimes reste le même, ce constat nous donne bien ce qui doit être le cœur de notre mission.

OUI ! Le socialisme doit trouver un second souffle et l’actualité nous en donne l’occasion, je veux parler bien-sûr de la grève des cheminots. NON mes Camarades, les cheminots ne font pas grève uniquement pour leur statut puisque ceux qui y sont en activité aujourd’hui ne le perdront pas.

Ils font surtout grève pour défendre une certaine vision de leur mission, celle du service public.

Nous, socialistes n’ayons pas peur de mettre en avant les réformes que nous avons engagé.

Oui, nous avons avancé sur la mise en concurrence, voulue, faut-il le rappeler par l’Europe. Mais jamais, nous n’avons pensé que la mise en concurrence passait inéluctablement par une privatisation - au contraire c’est bien nous, avec Frédéric CUVILLIER et Alain VIDALIES alors Ministres des Transports de François HOLLANDE qui avons recentré le groupe SNCF avec SNCF-RESEAU et SNCF-MOBILITE, sous la forme d’Etablissements PUBLICS Industriels et Commerciaux.

Mes Camarades si la SNCF tombe c’est le premier élément du patrimoine de ceux qui n’ont rien qui s’effondre – ce patrimoine est le service public.

Et comme bordelais permettez moi de saluer les plus de mille employés de l’usine Ford de Blanquefort qui vont perdre leur emplois, comme les centaines de sous-traitants, tous les socialistes doivent soutenir leur combat.    

Mais le renouveau de la social-démocratie à la française passe aussi par une redéfinition de la politique de nos territoires et de notre système économique qui doit impérieusement inventer un autre modèle de développement. Développement lié aux exigences d’une écologie protectrice et productive.

Il faut réinventer l’urbanisme et quitter cette vision ringarde de la métropolisation vecteur d’une paupérisation assurée. Travaillons plutôt sur une multipolarité urbaine avec son maillage efficace de mobilité moderne, rapide et propre, d’où la nécessité de garder les veines de la France, je veux parler bien-sûr des petites lignes ferroviaires.

La multipolarité urbaine liée à l’agro-écologie c’est également l’assurance d’endiguer la désertification de nos campagnes.

Le centre de gravité du socialisme c’est aussi de ne pas avoir peur de réindustrialiser la France, aujourd’hui trop marquée par une « tertiarisation ». Mais enfin, mes camarades, ouvrier et industrie ne sont pas des gros mots, il n’y a pas sur la planète que des startup et des centres d’appels !

Si nous devons réfléchir aux technologies de demain et à la place de l’être humain dans ce que l’on nomme aujourd’hui « l’intelligence artificielle » qui malheureusement aura toujours un temps d’avance sur l’humanité, il n’en demeure pas moins que les françaises et les français ont besoin très vite de retrouver des emplois valorisants et à fortes valeurs ajoutées, basés sur l’industrie manufacturière des énergies nouvelles, des véhicules électriques, des matériaux nouveaux et écologiques.

N’attendons pas dans ces domaines de dépendre des autres.

Bien sûr, sur les sujets politiques il n’y a pas d’exhaustivité pour nous les socialistes, le chantier est immense, nous sommes attendus, OUI nous avons un genou à terre mais comme le disait l’ami de Montaigne, Etienne de la Boétie « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genou » ALORS DEBOUT LES SOCIALISTES !

Philippe Dorthe

le 07 avril 2018



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